Suchen
  ..:: Weblog ::.. registrieren  anmelden
   Passerelle - Weblog minimieren  
déc. 7

Erstellt von: Ali Tebib
07.12.2009 09:31 

 A mon avis, le mot intégration, tel qu’il est utilisé aujourd’hui par les politiques est une escroquerie.
Il ne faut pas se laisser enfermer dans cette stigmatisation du mot intégration qu'on prétend n'appliquer qu'aux citoyens d'origine africaine (nord et subsahara), albanaise ou musulmane.

En effet, tout citoyen, quelle que soit son origine, doit constamment se remettre en cause pour s'adapter aux règles communes du groupe dans lequel il se trouve. Tout individu vivant en Suisse est à la fois intégré (possédant sa place dans un groupe en s’adaptant aux règles communes et être reconnu comme membre légitime de ce groupe), et à intégrer en permanence (faire la part entre sa liberté privée et le respect des règles communes légalement établies).Donc Blérim, Rachid, Pierre, Giuseppe, George ou José ont le même devoir de s'adapter, de "s'intégrer" dans les règles et les lois communes.

Le fait d’exiger un effort d’intégration à une seule catégorie de la population en raison de son origine ou de sa religion constitue une stigmatisation spécifique voire raciste car cela suppose que seuls les membres de ce groupe sont assujettis à l‘adaptation. Ce qui est un abus de langage, une escroquerie sociale. L'intégration concerne tous les individus, à toutes les étapes de leur vie.

L’oubli de la responsabilité du discriminateur, Etat ou citoyen, doit être dénoncé, surtout quand celui-ci est le garant du respect des lois d’égalité entre citoyens.

A ce propos, comme dans tout pays, il y’a en Suisse de nombreux Suisses "de souche" qui refusent de « s’intégrér »: du grand-père qui refuse de payer ses impôts, au Sans domicile fixe qui refuse le refuge de l’Armée du Salut, en passant par les contestataires de tous poils qui refusent les règles de cette société: anarchistes, ou à l'opposé, les facistes, les racistes,les nostalgiques des croisades ou du djihad.

Pourtant, tous ces gens qui dénigrent la société telle qu'elle est, doivent bien s'accomoder des règles : l'anarchiste montre ses papiers officiels quand il le faut, et le fasciste est obligé de respecter les lois pour s’en sortir.

La société, prisonnière du réflexe primaire de rejet du dernier arrivé, s'accomode de certains réflexes contraires aux lois, telles les discriminations en raison du nom, de la religion ou du faciès. Souvenez-vous : Italiens (années 50, 60 et 70) tamouls (années 80) et finalement musulmans (actuellement)

Et c'est cela que le le mot intégration était chargé de résoudre, à savoir:
lever les obstacles que subit arbitrairement une catégorie en raison de son origine ou de sa religion.
L'escroquerie a été d'inverser la charge d’accusation : tout en le discriminant au travail, à l’accès au logement, dans les loisirs, la société somme le discriminé de s'intégrer tout en lui attribuant la faute de ce qu'elle lui impose.


Exemples typiques de cette escroquerie:
-Des électeurs refusent la mixité ethnique ou religieuse dans leur commune (on ne veut pas d’italiens, de tamouls, d'africains, d’albanais… Ni de minaret- est-il sage de ma part de parler de minaret-.), et qui dans la même phrase accuseront... "Ces Africains, ces Albanais… qui refusent de s'intégrer et veulent rester dans leur ghetto"!!

L’hypocrisie des discriminations est la source du malentendu.
C'est aux discriminateurs de montrer l’exemple en s’intégrant à leurs propres lois.
Les citoyens du pays sont autant concernés par un test civique que ceux qui font une demande de naturalisation, à commencer par les entreprises, les logeurs, les millions qui votent pour un parti raciste.                      

Je crois que le problème n'est pas celui des minarets. Je crois que c'est plutôt celui de la discrimination à la fois raciale et sociale. La société refuse de reconnaître qu'elle fabrique de l'exclusion. Elle rejette sa responsabilité en disant que c'est un problème d'intégration, d’islamisation. Et elle ne fait aucun effort pour intégrer. Intégrer n'est pas injecter des milliards dans des programmes sociaux bidon et sans lendemain. Celui qui ne demande qu'à s'intégrer et se heurte à des murs d'hostilité perd vite pied s'il n'a pas les moyens nécessaires pour les contourner, les grignoter et les abattre. Les gamins ne demandent qu'à "s'embourgeoiser". Leur rêve est d'accéder à l'admirable statut de citoyen de plein droit, être flic, charcutier, énarque, douanier ou peintre en bâtiment, posséder une machine à laver et payer les traites de la maison. Les révoltes sporadiques de certains jeunes n'ont pas pour but d'abattre un régime ou d'en changer les dirigeants. Elles sont une demande. Rien de plus.

Leurs pères, outre qu'ils étaient pour la plupart analphabètes et taillables et corvéables à merci, ne se considéraient pas comme suisses et n'avaient pas la moindre velléité à revendiquer cette nature. Ils vivaient aux marges de la société suisse et acceptaient cette position excentrée comme normale tant que durait le mythe du retour au pays. Ils se considéraient irrémédiablement et irrémessiblement étrangers et certains gardèrent pendant des années sur le haut de leur armoire une valise bouclée et fin prête à être empoignée. L'intégration pour eux n'était absolument pas une préoccupation. Leur état d'étranger entraînait de facto leur "dés-intégration" ou leur marginalité. Ils ne tendaient pas la main et n'attendaient donc pas qu'on y mettre quelque chose.

Leurs enfants, eux, sont Suisses. Tout le dit : la loi, la raison, leur réalité de tous les jours... Et pour eux, le mythe du retour est inopérant. Nulle catharsis ne peut les soulager. Les murs sont encore plus hauts pour eux que pour leurs pères. Et ils sont plus hauts parce qu'ils n'ont aucune possibilité de faire demi-tour, aucune valise en haut de leur armoire, aucun douar où se réfugier. Alors, certains les grignotent, d'autres les contournent quand cela est possible, et d'autres encore n'ont d'autre choix que d'écorcher leurs poings ou leur front dessus. Et pour être juste et complet, n'oublions pas ce qu'on appelle le Quart-Monde, tout ce petit peuple de Suisses dits de souche que l'immense machine à broyer et à exclure jette de plus en plus nombreux aux marges de la société (chômeurs de longue durée, nouveaux pauvres, travailleurs précaires) qui se retrouvent à voisiner avec ces damnés dits de seconde génération, musulmans de surcrois... Convergence de la misère. La réalité est décidément impitoyable. Un tatouage est toujours à la mode : "Marche ou crève".

Copyright ©2009 Ali Tebib

Tags:

Ihr Name:
Your email:
(Optional) Email used only to show Gravatar.
Your website:
Überschrift:
Kommentar:
Sicherheitscode
CAPTCHA image
Geben Sie die angegebenen Zeichen darunter ein.
Kommentar hinzufügen   abbrechen 
  
   Weblog minimieren  
  
Copyright 2007 by Passerelle - BielBienne   Nutzungsbedingungen  Datenschutzerklärung